Une lutte amorcée depuis quelques années

 

Cela fait de nombreuses années que les fraudeurs sont un réel problème pour les entreprises dans le domaine du transport de voyageur. Par exemple, en 2013, la Cour des Comptes a estimé à plus de 350 millions d’euros la perte d’argent de la SNCF pour cause de fraudes. C’est un gouffre à argent qu’il faut s’empresser de refermer.

Suite à l’apparition de ces chiffres alarmants et à la présence de fraudeurs toujours plus nombreux, la SNCF a décidé de réagir. En 2015, l’entreprise a augmenté ses prix en cas d’absence de billet, passant de 35 à 50 euros d’amende pour les trajets de moins de 150 km. Et cela ajouté à la possible majoration du prix en cas de retard de payement a aidé à faire légèrement baisser le taux de fraudeurs.

Mais ces simples mesures n’ont pas réduit significativement ce nombre, ce qui a conduit la SNCF à investir 49 millions d’euros dans la lutte contre la fraude à partir de 2016. Ce budget a permis de prendre des contrôleurs et bornes de sécurité supplémentaires, de faire une campagne de pub pour dissuader les fraudeurs de passer à l’action, campagne qui a été affichée un peu partout, notamment dans les métros de Paris puisque c’était une action commune entre la RATP et la SNCF.

La loi Savary du 22 mars 2016, stipulant qu’une personne prise en faute doit prouver son identité, rend plus difficile encore la fraude. Un délit est créé pour incitation à incivilité ou fraude et est passible de deux mois d’emprisonnement et de 3750 euros d’amende. Entre cette loi et les diverses mesures de la SNCF, la lutte contre la fraude est de plus en plus importante.

Mais malgré une augmentation du taux de validation en 2016, le taux de fraude reste à 8.4% soit 250 000 passagers par jour sur un total de trois millions en Île-de-France.

 

De nouvelles méthodes pour lutter contre la fraude

 

Une nouvelle méthode vient de voir le jour pour attraper les fraudeurs. Jusqu’à présent, en voyant arriver le contrôleur, ces derniers pouvaient aisément se lever et partir dans l’autre sens pour ne pas se faire contrôler. Mais cette année, les contrôleurs travaillent de concert pour éviter ce genre de situation.

L’un d’eux, en uniforme, fait le travail habituel et vérifie les billets des passagers. Cependant, plus de possibilité pour les fraudeurs de s’échapper. A la fin du wagon, plusieurs contrôleurs habillés en civils sont postés. Quand ils voient le fraudeur arriver en fuyant celui un peu plus loin, ils mettent leur brassard de contrôleur et demandent le billet de la personne concernée. Ainsi, il n’y a plus d’échappatoire possible.

Pour l’instant, cette méthode n’est utilisée que sur certaines lignes d’Île-de-France mais s’il y a des résultats significatifs, il y a fort à parier que cette pratique s’étende à la France entière. Et cela pourrait sans doute permettre à la SNCF de réussir à atteindre leur objectif de passer de 9.5 millions d’euros de recettes de régularisation des fraudes à 19 millions d’euros d’ici 2019.

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